Artemisia Gentileschi |
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Un des thèmes récurant dans la peinture religieuse est l'histoire de Judith tuant Holopherne. Quand on compare les représentations de ce passage biblique on constate une très grande différence de ton, non seulement entre Artemisia et ses collègues masculins, mais également entre elle et les autres femmes peintres contemporaines. Artemisia Gentileschi consacre cinq tableaux à cette histoire. Quand on compare ses deux Judith décapitant Holopherne avec celle du Caravage, dont elle s'est inspirée, on remarque tout de suite la différence. La Judith du Caravage est frêle et effrayée. Elle se tient le plus loin possible d'Holopherne qu'elle ne tient que par les cheveux, comme si elle voulait éviter à tout prix que sa robe soit tachée par le sang qui coule d'ailleurs dans l'autre sens. Elle a une expression de dégoût, apparemment elle commet son acte malgré elle. La vieille servante paraît plus déterminée que Judith, les mâchoires serrées, les yeux écarquillés, elle tient anxieusement le sac dans lequel elles espèrent mettre la tête de l'assyrien. Le général essaie de se relever et regarde dans la direction des deux femmes. Le Caravage représente une Judith passive et craintive, conformément à l'idée que l'on se faisait de la femme. Quel contraste avec le personnage représenté par Gentileschi. Ici on voit une femme forte et courageuse, découpant la tête de l'homme comme un boucher découpe un porc. Son expression est calme et déterminée. Contrairement à la servante peinte par le Caravage, celle peinte par Gentileschi est plus jeune et se tient à côté et non derrière Judith. Elle participe activement et aide sa maîtresse en tenant le général des deux mains. Celui-ci a l'air plutôt surpris et effrayé et tente mollement de repousser la servante. Les deux autres tableaux représentant la suite de l'histoire montrent ,de façon tout aussi théâtrale, des femmes déterminées et complices. Lavina Fontana s'est, elle aussi, mesurée au sujet et nous en propose
une interprétation totalement différente. Elle met l'accent sur l'aspect
sacré du geste héroïque et sur le mysticisme de la protagoniste qui lève
les yeux vers le ciel. La tête d'Holopherne est sans relief et ressemble
à un masque. Quelques années plus tard elle représente Judith comme une
aristocrate élégante mais peu expressive. Une autre artiste a peint cette
scène : Fede Galizia. Elle s'attarde plus sur la richesse des étoffes
que sur l'action ou les états d'âme des protagonistes. Nous sommes loin
des femmes de chair et de sang qu'Artemisia peint. Retour au début de l'article : Page 1 |
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Agrandir Judith décapitant Holopherne |
Judith et sa servante |
Agrandir Judith et sa servante |
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Dans la Bible, Judith est une jeune veuve, son mari est mort dune insolation au cours des moissons. Toute à son deuil, elle ne se vêt plus que dun sac. Mais sa ville Béthulie, dont on na pas retrouvé trace est assiégée par les Assyriens. Judith, et cest elle seule qui en prend linitiative, décide daller tuer leur général, Holopherne, pour sauver le peuple juif. Elle se parfume, se pare de vêtements de fête et de bijoux puis se rend avec sa servante au camp des Assyriens. Elle propose à Holopherne de laider. Celui-ci est fasciné par sa beauté et son intelligence. Pendant trois jours, des festins se succèdent. La quatrième nuit, Holopherne linvite dans sa tente pour la séduire. Mais Judith incite Holopherne à boire et celui-ci tombe ivre mort sur son lit. Alors Judith s'empare de son cimeterre et le décapite |
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| Judith décapitant Holopherne 1612-1613 Museo di Capodimonte, Naples |
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| Le Caravage 1612-1613 Museo di Capodimonte, Naples |
Lavina Fontana 1600 Musea Daria Bargellini - Bologne |
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| Fede Galizia 1596 State Art Museum of Florida |