Adélaïde Labille-Guiard

Autoportrait
env. 1775
miniature

Paris 1749 - 1803

Adélaïde nait à Paris le 11 avril 1749 de Marie-Anne Saint-Martin et du mercier Claude-Edmé Labille. En 1769 Elle contracte un premier mariage avec Nicolas Guiard, mais dix ans plus tard les époux se séparent et en 1799, elle épouse François-André Vincent, peintre d'histoire de l'Académie. Ce mariage dure jusqu'à la mort d'Adélaïde mais ils n'auront aucun enfant. Cependant, deux de ses élèves, Marie-Gabrielle Capet et Marie-Victoire d'Avril, partagent son foyer pendant une grande partie de sa vie.

Labille-Guiard maîtrise admirablement la peinture à l'huile, le pastel et la miniature, mais on sait peu de choses sur sa formation. Elle aurait appris la miniature auprès de François-Élie Vincent et la peinture à l'huile auprès du fils de ce dernier, François-André, par la suite son mari. Parce qu'elle est une femme, Adélaïde ne peut entrer aux ateliers de l'Académie, où de nombreux artistes sont formés. Néanmoins, elle parvient à mener sa carrière par d'autres voies. Son premier contrat de mariage indique qu'elle appartient à la guilde de Saint-Luc où elle expose des miniatures et des pastels. Le 31 mai 1783, elle est admise à l'Académie royale de peinture et de sculpture, qui n'autorise alors que quatre femmes parmi ses membres. Le succès qu'elle remporte au Salon de 1783 est toutefois entaché par un scandale. Un pamphlet diffamatoire, intitulé Suite de Malborough au Salon 1783, accuse Labille-Guiard de comportements éthiques et sexuels inconvenants. Elle aurait exposé des oeuvres de François-André Vincent sous son propre nom, et aurait connu deux mille amants - car "vingt cents" équivaut à deux mille. Elle demande alors à la comtesse d'Angiviller - à la fois sa mécène et l'épouse du directeur général des Bâtiments du roi - d'intercéder en sa faveur. Elle obtient ainsi la suppression du pamphlet, mais des allégations similaires continuent à ternir sa réputation. La peintre connaît ses plus grands succès entre 1785 et 1789. Au Salon de 1785, elle expose son premier portrait de groupe en pied, Mme Labille-Guiard et ses élèves, Mlle Capet et Mlle de Carreaux de Rosemond. En 1787 et 1789, elle réalise les portraits de Mesdames Adélaïde, Victoire et Louise-Élisabeth, filles de Louis XV. Les livrets du Salon de cette période mentionnent Labille-Guiard comme le premier peintre de Mesdames. En 1788 le comte de Provence, frère de Louis XVI, demande à l'artiste d'exécuter son portrait au milieu d'un groupe de personnages.

À partir de 1789, ces relations durement acquises au sein de la famille royale la rendent suspecte aux yeux du pouvoir. Entre 1789 et 1791, Labille-Guiard affiche de nouvelles idées politiques. En 1789, elle fait une donation patriotique à l'Assemblée nationale. Au Salon de 1791, elle expose treize pastels représentant des députés. Au sein de l'Académie, elle se prononce en faveur de changements modérés dictés par la raison. En novembre 1791, lorsque l'Assemblée ordonne à Louis XVI de se faire peindre transmettant la Constitution au dauphin, les artistes sélectionnés sont Labille-Guiard et Jacques-Louis David. Lorsque des forces radicales prennent le contrôle de la révolution, Labille-Guiard se retire de la scène publique. En 1793, plusieurs de ses oeuvres sont détruites par décret officiel. Son départ de Paris lui a probablement sauvé la vie. De 1792 à 1796 elle vit avec Vincent, Capet et d'Avril dans une maison achetée en commun à Pontault. Lorsqu'elle revient ensuite à Paris, elle se voit accorder au Louvre le logement d'artiste si longtemps recherché. Durant ses dernières années, Labille-Guiard expose aux Salons de manière irrégulière. La classe des Beaux-Arts, qui désormais remplace l'Académie royale au sein de l'Institut de France, n'admet pas les femmes.

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Autoportrait avec ses élèves Marie Gabrielle Capet et Carreaux de Rosemond
1785
Huile sur toile 211 x 151 cm
Metropolitan Museum of Art - New York

François-André Vincent (son mari)
vers 1795
Huile sur toile 59 cm x 73 cm
Musée du Louvre
Marie-Gabrielle Capet

Lien externe :

Site d'une certaine Claudia dédié à Adélaide Labille-Guiard (en anglais et italien).