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Il y avait deux façons pour les femmes d'accéder au statut
d'artiste. Soit elles travaillaient dans le cadre d'un atelier familial,
ce qui implique l'appartenance à une corporation, et se limitaient
aux portraits et aux natures mortes, soit elles rentraient dans les ordres
et se consacraient à l'art religieux.
Les obstacles que pouvaient rencontrer les femmes de la Renaissance lorsqu'elles
voulaient se consacrer à l'art en dehors des murs des couvents
étaient très nombreux. L'atelier, sur lequel s'appuyait
alors la discipline, n'était pas indiqué pour une femme.
Tout d'abord, pendant l'apprentissage, on interdisait aux garçons
de l'atelier de se marier, ce qui était très décourageant
pour une jeune fille en âge de se marier. En outre la vie même
de l'atelier, qui comporte un va-et-vient de gens, des contacts fréquents
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avec l'autre sexe était considérée comme dangereuse
pour le bon renom d'une jeune fille.
Jusqu'au XVIIIe siècle, les sujets religieux occupaient le degré
le plus élevé dans la hiérarchie des genres artistiques.
Aucun peintre de talent ne pouvait se proclamer tel, sans avoir eu l'occasion
de risquer sa réputation avec ce sujet. Pour peindre un retable
il est nécessaire d'avoir une excellente connaissance de la perspective
et surtout de l'anatomie. Des notions qu'une femme, qui était dans
l'impossibilité d'étudier les nus d'après nature
ou de fréquenter les académies, ne pouvait pas acquérir.
Les femmes devaient aborder le sujet religieux par d'autres voies. Ainsi
allaient-elles copier les oeuvres de leurs collègues masculins,
ou créer des petits tableaux consacrés en général
à la Vierge ou à la dévotion privée. Toujours
à cause du préjugé répandu selon lequel la
délicatesse des mains féminines convient d'avantage aux
toiles de petites dimensions et aux sujets plaisants, les femmes se voyaient
souvent contraintes de choisir comme mode d'expression personnel la miniature.
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