Isabelle Lambert, âgée de dix-sept ans, est saisie sur le vif, dans l'intimité
de son cabinet de toilette. Sa chemise, décolletée, et surtout
ses maigres bras, levés, accentuent l'aspect très juvénile
du modèle. Une telle scène est plus souvent vue de dos que de
face. D'habitude, un tel modèle posant pour une nymphe, ou une Diane
au bain, serait plus dénudé et traité de manière
plus conventionnelle. Ce caractère réaliste de la peinture des
impressionnistes gêne souvent la critique.
Le tableau est plein de lumière ; cela tient à la composition,
très étudiée. En effet, Isabelle a devant elle la glace
d'une psyché qui lui renvoie la lumière, ce qui lui a permis de
se maquiller avec soin et précision et de se coiffer avec attention.
Cette uvre est ajoutée à l'envoi de Morisot dans les derniers
jours de préparation de l'exposition impressionniste de 1886, la huitième
et dernière. C'est, avec Le Lever, l'un des succès de l'exposition.
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