Berthe Morisot a exploré toutes les phases matinales de la vie féminine
; elle le fait chaque fois avec autant de pudeur que de réalisme. Contrairement
à l'interprétation masculine de ce genre de scène, Le Lever
de Berthe Morisot n'est pas un Lever de Diane, prétexte à la peinture
de nu ; mais une scène intime et familiale, prise sur le vif.est n'ayant
rien de composé, ni d'affecté. A la différence de Degas,
le regard n'est pas indiscret, ni à travers le trou d'une serrure comme
le remarquait un critique de l'époque.
La composition traduit la liberté et l'originalité de Morisot.
D'abord tous les éléments du décor sont coupés et
représentés partiellement : on ne voit sur la droite qu'une toute
petite partie de la commode, en haut, à gauche, qu'une fraction du tableau,
au premier plan qu'une partie du tapis ; même le grand lit qui occupe
plus de la moitié de la surface du tableau. L'élément central
du décor est le lit, de biais, tandis que la jeune fille est l'élément
central de l'uvre.
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