Anna Ruysch

Pays-Bas, 1666-1741

Anna Elisabeth Ruysch est la sœur de la plus célèbre Rachel Ruysch.

Elle est née à La Haye en 1666 en tant que deuxième fille du professeur d'anatomie et de botanique Frederik Ruysch et de Maria Post. Différents membres de la famille remplissent des foncions dans la bureaucratie de la ville et à la cour d'Orange. Son grand-père, Pieter Post, est un célèbre architecte à la cour, dont le frère est le paysagiste Frans Post.

Elle est encore un bébé quand ses parents déménagent à Amsterdam parce que son père est nommé à Athenaeum Illustre, un célèbre collège humaniste précurseur de l'université d'Amsterdam. Il y crée un cabinet de curiosités, qui attire beaucoup de visiteurs. Il y expose des natures mortes biologiques garnies d'insectes, de plantes et de fleurs. Anna et sa sœur Rachel grandissent au milieu de ces natures mortes et les représentent déjà avec beaucoup de talent en tant qu'enfants.

Il est fort probable que, tout comme sa sœur, elle suit les cours de peintre Willem van Aelst. Mais, contrairement à elle, Anne arrête de peindre après son mariage avec le marchand de peinture Isaak Hellenbroek.

Nous ne connaissons que très peu de tableaux d'Anna Ruysch, il semblerait que seule une dizaine de tableaux soient attribués à cette artiste. Comme beaucoup d'artistes de son temps, Anna Ruysch ne signait que rarement ses tableaux. En plus, son style, qui est loin d'être original, se rapproche non seulement de celui de sa sœur Rachel, mais aussi de peintres tels que Ernst Stuven et Willem van Aelst. La famille Ruysch vivait au Bloemgracht, ce qui signifie "canal aux fleurs"; le long de ce même canal habitait un autre élève de Willem van Aelst spécialisé dans les natures mortes : Ernst Stuven.

Anna, tout comme sa sœur, ne peignait pas d'après nature, mais puisait son inspiration dans la collection de son père. C'est pour cela que ses compositions sont souvent faites de plantes et insectes qui, dans la nature, ne se trouvent jamais côte à côte, soit parce qu'ils ne vivent pas dans les mêmes biotopes, soit parce qu'il s'agit de plantes qui ne fleurissent pas au même moment. Après avoir peint la composition principale, elle ajoutait souvent toute une série d'insectes peints méticuleusement et avec un souci du détail hérité de son père.

 Retour aux peintres du Moyen-Âge au XVIIIe siècle


 

Nature morte "forestière"
huile sur toile, 48 x 36 cm
collection particulière

Vase avec tulipes et roses sur une table en marbre
sans signature
huile sur toile, 53.5 x 45 cm
collection particulière

Sources :

Online Dictionary of Dutch Women (article en néerlandais)
Catalogue d'exposition, Á chacun sa grâce - Femmes peintres en Belgique et aux Pays-Bas, 1500 - 1950, Flammarion, 1999