Hildegard von Bingen

 

1098 - 1179

Hildegard est née à Bermersheim près de Mayence, dans une famille noble et dévote, dixième enfant de Hildebert von Bennersheim et Mechthild von Merxheim. Mais la date et le lieu de naissance ne sont que des hypothèses, car aucun texte de l'époque ne les mentionne avec précision. A l'âge de 8 ans ses parents la confient à Jutta von Spanheim, une recluse qui habite un ermitage rattaché au monastère de Disibodenberg. A 16 ans (entre 14 et 16 selon les sources) elle entre dans les ordres.
Sa santé est fragile et les visions qui avaient fait d'elle une enfant singulière continuent. D'après la description que Hildegard donne de ses visions, de ce qui les annonce et de ce qui les suit, elle souffrait de migraine avec aura (1). Cette forme de migraine se caractérise par l'apparition de troubles sensoriels transitoires précédant ou accompagnant le mal de tête. Ces troubles sont surtout visuels et prennent la forme de taches colorées, brillantes et mobiles, ainsi que d'une vision floue. Mais ils peuvent également êtres suivis d'hallucinations auditives, comme c'était apparemment le cas chez Hildegard. Des troubles tactiles tels que des fourmillements et des picotements, des troubles du langage ou encore des hallucinations olfactives ou gustatives sont également possibles. Elle décrit également l'état euphorique qui suit la crise. A cette époque Hildegard ne parle de ses visions qu'à Jutta qui partage le secret avec le moine Volmar. Ce dernier deviendra plus tard le secrétaire et ami de Hildegard.
Tout au long de sa vie, Hildegard von Bingen insiste sur le fait qu'elle n'est qu'une simple femme sans aucune érudition et que son savoir et sa compréhension des textes lui viennent directement de Dieu.

Après la mort de Jutta von Spanheim en 1136, Hildegard est élue à la tête du couvent.
En 1141, elle a reçoit « d'en haut » ce qu'elle considère comme un ordre divin d'écrire ses visions. Mais elle est réticente à les divulguer, et tombe malade. Elle considère son épreuve comme une punition pour sa désobéissance. Elle commence alors à rédiger, avec l'aide du moine Volmar son premier livre, le Scivias. Mais les doutes ne la quittent jamais totalement. Elle sollicite alors, et obtient, les encouragements de Bernard de Clairvaux et ceux du pape Eugène III, qui lui donnent la force de continuer à transcrire ses visions et les méditations qui les accompagnent.

Après beaucoup de résistance de la part d'une partie de la hiérarchie ecclésiastique, elle reçoit en 1147 l'autorisation officielle du Pape pour rendre public ses écrits. Cette autorisation renforce son autorité et son importance politique. Mais depuis cette publication elle se bat pour définir le degré d'autorité qu'elle possède au sujet de l'interprétation de ses propres textes. Elle correspond avec bon nombre de personnalités éminentes, aussi bien laïques que religieuses tel que le pape, l'empereur, divers cardinaux, évêques, et princes.

Malgré le fait que sa ferveur mystique et sa conception de l'ascèse déplaisent aux bénédictins, elle rassemble autour d'elle pas mal de femmes qui partagent ses idées. Elle tombe en désaccord avec l'abbé de Disibodenberg mais grâce à son prestige de visionnaire et à ses relations politiques et sociales elle a suffisamment d'influence pour pouvoir fonder en 1150 son propre couvent à Rupertsberg, près de Bingen. Elle réussit à obtenir la garantie de son indépendance juridique par les autorités ecclésiastiques et politiques.

Durant les années qui suivent elle écrit non seulement deux livres à propos de ses visions le Liber vitae meritorum (Le Livre des mérites) et le Liber divinorum operum ( Le Livre de l'Œuvre Divine) mais aussi deux ouvrages à propos de la nature et de médecine Physica et Causae et Curae. On a démontré récemment qu'elle participa également à la création des enluminures de son livre Scivias.

Hildegard von Bingen écrit également des chants et compose des morceaux de musique impressionnants, dans un registre bien plus étendus que ces contemporains.

(1) C'est la thèse d'Oliver Sacks dans Migraine, Éditions Du Seuil, 1986

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Sources : voir les liens ci-après
 

Visions, Scivias
1142-1152
Miniature sur parchemin

  Visions de Hildegard
Scivias
1142-1152
Miniature sur parchemin
  Représentation du monde
Liber Divinorum Operum
1163 - 1174
Miniature sur parchemin

Liens :

Quelques uns parmi les nombreux sites qui traitent de Hildegard von Bingen :
Le site de Sisyphe : Hildegarde Von Bingen, la « conscience inspirée du XIIe siècle » par Élaine Audet
A propos de la prétendue ignorance de Hildegard von Bingen : texte de Jeroen Deploigne sur un site de la Faculté de Philosophie de Santiago (Chili)