Dans l'ombre des siècles

 
 

« Je sais que quelqu'un perpétuera dans le futur la mémoire de ce que nous avons fait »
écrit Sapho poétesse grecque du VIIe siècle av. J.-C. Malheureusement, il me semble qu'elle était trop optimiste.

 

Il y avait deux façons pour les femmes d'accéder au statut d'artiste. Soit elles travaillaient dans le cadre d'un atelier familial, ce qui implique l'appartenance à une corporation, et se limitaient aux portraits et aux natures mortes, soit elles rentraient dans les ordres et se consacraient à l'art religieux.

Les obstacles que pouvaient rencontrer les femmes de la Renaissance lorsqu'elles voulaient se consacrer à l'art en dehors des murs des couvents étaient très nombreux. L'atelier, sur lequel s'appuyait alors la discipline, n'était pas indiqué pour une femme. Tout d'abord, pendant l'apprentissage, on interdisait aux garçons de l'atelier de se marier, ce qui était très décourageant pour une jeune fille en âge de se marier. En outre la vie même de l'atelier, qui comporte un va-et-vient de gens, des contacts fréquents

 

avec l'autre sexe était considérée comme dangereuse pour le bon renom d'une jeune fille.
Jusqu'au XVIIIe siècle, les sujets religieux occupaient le degré le plus élevé dans la hiérarchie des genres artistiques. Aucun peintre de talent ne pouvait se proclamer tel, sans avoir eu l'occasion de risquer sa réputation avec ce sujet. Pour peindre un retable il est nécessaire d'avoir une excellente connaissance de la perspective et surtout de l'anatomie. Des notions qu'une femme, qui était dans l'impossibilité d'étudier les nus d'après nature ou de fréquenter les académies, ne pouvait pas acquérir. Les femmes devaient aborder le sujet religieux par d'autres voies. Ainsi allaient-elles copier les oeuvres de leurs collègues masculins, ou créer des petits tableaux consacrés en général à la Vierge ou à la dévotion privée. Toujours à cause du préjugé répandu selon lequel la délicatesse des mains féminines convient d'avantage aux toiles de petites dimensions et aux sujets plaisants, les femmes se voyaient souvent contraintes de choisir comme mode d'expression personnel la miniature.

 
Lucia Anguissola
Italie env. 1536 - env. 1565
Sofonisba Anguissola
Ialie env. 1535 - 1625
Andriola de Barrachis
Italie 1446 - 1504
Mary Beale
Angleterre 1633-1699
Hildegard von Bingen
Allemagne 1098 - 1179
Rosalba Carriera
Italie, 1675 - 1757
Élisabeth-Sophie Chéron
France, 1648 - 1711
Lavinia Fontana
Italie 1552 - 1614
Fede Galizia
Italie 1578 - 1630
Artemisia Gentileschi
Italie 1593 - 1652
Catharina van Hemessen
Belgique env. 1527 - entre 1581 et 1587.
Judith Leyster
Pays-Bas 1609 - 1660
Barbara Longhi
Italie 1552 - 1638
Louise Moillon
France, 1610 -1696
Josefa de Óbidos
Espagne 1630-1684
Clara Peeters
Belgique, 1594- ca. 1657
Rachel Ruysch
Pays-Bas, 1664-1750
Elisabetta Sirani
Italie, 1638 - 1665
Levina Teerlinc
Belgique, ca. 1510 - 1576
   

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