Clotilde Vautier

Clotilde Vautier - Tricoteuse II

Tricoteuse II
1967
Huile sur toile, 92 x 73 cm

Clotilde Vautier entre à l’école des beaux-arts du Mans en 1957 puis poursuit ses études à celle de Rennes à partir de 1959. Elle obtient le diplôme national de peinture à Paris en juillet 1962.
C’est à l’école des beaux-arts de Rennes qu’elle rencontre son futur mari, Antonio Otero. Ils ont deux petites filles, qui deviendront Isabel Otero, la comédienne, et Mariana Otero, la cinéaste documentariste. Dès 1962, elle expose régulièrement dans des galeries de Rennes et de Bretagne et reçoit plusieurs prix dans diverses manifestations artistiques.
Dans le bouillonnement culturel et politique des années 60, la maison Otero-Vautier est ouverte aux artistes et amis. Clotilde est un élément majeur de cette ambiance.

Une période humainement riche, mais matériellement difficile, ce qu’elle résume par le titre d’une de ses toiles, « De quoi faire la soupe ». Intransigeante dans son art, elle travaille d’arrache-pied.
Le succès critique pointe son nez, et son talent explose, paysages, nus féminins d’une profonde intimité. Une peinture somptueuse au plus près de la sincérité des corps, à laquelle s’ajoute un trait affirmé, comme le prouvent ses dessins, fusains et encres.
Quand Clotilde Vautier disparaît prématurément en 68, des suites d’un avortement clandestin, c’est aussi sa carrière d’artiste qui s’arrête brusquement, en pleine ascension. À Rennes, Clotilde Vautier reste aujourd’hui encore un symbole du drame sanitaire et moral de ces avortements clandestins. La vie fauchée d’une femme qui voulait disposer de sa vie et de son corps.

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