Marie Bracquemond

Bracquemont

 

1840 - 1916

La biographie de Marie Bracquemond est difficile à établir, faute de sources et d’archives. Seul le manuscrit des mémoires rédigées en 1925 par son fils Pierre, devenu lui aussi peintre, permettent de retracer ses années de jeunesse et de formation.

Marie Quiveron naît le 1er décembre 1840 à Argenton, dans le Finistère. Contrairement aux autres impressionnistes, elle ne grandit pas dans un milieu aisé et bourgeois. Peu après sa naissance, son père, Théodore Quivoron, qui était capitaine, meurt pendant une expédition maritime dans les îles Marquises. Sa mère se marie rapidement avec un certain Pasquiou. Celui-ci fait vivre une vie itinérante à la famille. Ils déménagent de la Bretagne au Jura, de la Suisse en Auvergne. Elle a un frère Théodore, de deux ans son aîné, et une demi-sœur, Louise, née pendant que la famille vivait à Corrèze en Auvergne dans l'ancienne abbaye de Bonnes-Aigues. Puis ils déménagent à Paris. Marie à des problèmes de santé et en 1854 ils finissent par se fixer à Étampes au sud de la ville, où l'air est plus pur. C'est là que Marie reçoit ses premières leçons de peinture d'un peintre âgé nommé Wassor qui restaure des tableaux. Elle progresse si bien qu'en 1857 un de ses tableaux, représentant sa mère, sa sœur et des ses professeurs, est accepté au Salon.

Autour de 1859, le docteur Hache, un ami de la famille, recommande Marie Bracquemond à Ingres, qui l’accepte dans son atelier. Elle reçoit les conseils d'Ingres sans toutefois devenir officiellement son élève. Elle suit les leçons de deux élèves d'Ingres, Désiré François Laugée et Émile Signol, auprès desquels elle acquiert la rigueur classique du dessin, de la couleur et de la composition.

Elle commence à recevoir des commandes, dont une de l'impératrice Eugénie pour un tableau représentant Cervantes en prison. Le tableau a dû plaire, car suite à cette commande le Conte de Nieuwerkerke, le directeur général des musées français, lui demande de faire des copies importantes de tableaux du le Louvre.

Pendant que Marie copiait un tableau de Rembrandt, le critique Eugène Montrosier, lui présente son ami, le graveur Félix Bracquemond. Marie et Félix deviennent inséparables et deux ans plus tard, en 1869, ils se marient. Ils auront un fils, Pierre.

Tout comme son mari, Marie Bracquemond travaille pour la manufacture Haviland de Limoges.

À ses débuts elle peint dans le style d'Ingres et d'Alfred Stevens mais durant les années 1870 elle est fortement influencée par l'esthétique et les idées des impressionnistes et fréquente le cercle des jeunes artistes tels que Claude Monet, Edgard Degas, Auguste Renoir et Paul Gauguin et adhère à leurs idées révolutionnaires concernant la peinture. Malgré l'apparence « impressionniste », ses tableaux demandent plusieurs esquisses préparatoires et, tout comme chez la plupart des impressionnistes, l'effet spontané est le résultat d'un travail lent, bien réfléchi et laborieux. En 1879, 1880 et 1886 elle participe aux salon des impressionnistes. En 1879 et 1880, plusieurs de ses dessins sont publiés dans La Vie Moderne. En 1881, elle expose cinq tableaux à la Dudley Gallery à Londres.

Son mari désapprouve la liberté du style de Marie et la peinture d'extérieur. Il cache ses tableaux quand ils ont de la visite et lui interdit d'exposer. Malgré les encouragements de sa sœur Louise, Marie se finit par se plier à la volonté de son mari, qui ne supporte pas que l'art et la liberté de Marie empiètent sur leur vie commune. En 1890 elle est fatiguée des frictions perpétuelles et arrête de peindre à l’exception de quelques aquarelles et dessins. Elle n'exposera plus jamais ses œuvres.

Marie Bracquemond meurt le 17 janvier 1916 à Paris

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Sur la terrasse à Sevres Femme en robe blanche Louise Quiveron
Sur la terrasse à Sèvres
1880
Huile sur toile - 88 x 115 cm
Musée d'Art Moderne, Genève

Femme en robe blanche
1880
Huile sur toile - 181 x 100 cm
Musée Municipal de Cambrai

Louise Quiveron (soeur de Marie)
1880
Huile sur toile - 81,5 x 61,5 cm
Musée du Petit Palais, Paris