Anne Vallayer-Coster

Autoportrait

1744 - 1818

Anne Vallayer est née le 21 décembre 1744 à Paris. Son père, Louis Joseph Vallayer, compagnon des Gobelins, était orfèvre à la cour royale. Elle grandit donc dans une famille d'artisans entretenant des liens avec des artistes et des personnalités de la cour, ce qui sera important au moment où elle veut commencer une carrière de peintre. Jusqu'en 1754, la famille réside à la Manufacture royale des tapisseries des Gobelins. On ne sait que très peu de choses sur son enfance et de son éducation. Elle suit les cours de Madeleine Basseporte, illustratrice botanique et marraine d'une de ses sœurs, ainsi que du peintre paysagiste Joseph Vernet.

Anne Vallayer est admise à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture le 28 juillet 1770. Elle est une des rares femmes à être admise comme membre. On loue son charme et sa « magie d'imitation » et même ces messieurs décrètent qu' « elle peint en habile homme ». Son morceau de réception, Les attributs des arts, est une nature morte en hommage à l'institution dont elle souhaite devenir membre. Mais en regardant plus attentivement, on s'aperçoit qu'il s'agit de plus que cela. La nature morte occupait le dernier rang dans hiérarchie des genres et ceux qui la pratiquaient était considérés comme des artisans et non comme des vrais artistes. En donnant une dimension allégorique à sa nature morte, elle revendique un statut d’artiste à part entière. Pour personnifier la sculpture, elle ne suit pas la tradition, qui veut qu'on représente un art par une muse, mais elle choisit le moulage en plâtre d'un nu masculin classique. Or les femmes artistes étaient interdites de nu masculin et par conséquent de peinture historique, le grand genre par excellence, qui supposait des modèles masculins plus ou moins dénudés. Elles devaient donc se limiter aux genres mineurs comme la nature morte et le portrait. Qu'une femme choisisse de représenter ce type de plâtre pouvait donc passer pour un acte de revendication égalitaire. En haut du tableau et opposé à la sculpture en modèle réduit, se trouve un buste de femme, mais cette fois-ci en grandeur nature. Ce buste de style moderne et inachevé, car recouvert d'un linge humide, est en fait un autoportrait caché.

En 1780 ou 1781, on lui accorde un logement au Louvre, sous la Grande Galerie. Anne Vallayer a apparemment reçu cet appartement, précédemment occupé par La Gazette de France, par l'entremise de Marie Antoinette. La reine était sa protectrice depuis 1779, l'année où Anne Vallayer montra au Salon, l'exposition biennale de l'Académie, entre autres un buste d'une jeune vestale faisant partie de la collection de Marie Antoinette. Plus tard la reine signa le contrat de mariage entre Vallayer et Jean-Pierre-Sylvestre Coster, qui se sont mariés le 21 avril 1781.

En réponse aux incessantes critiques négatives qu'elle reçoit à partir de 1789, sous forme de comparaisons avec d'autres peintres de son époque, telles que Elisabeth Vigé Lebrun et Adélaide Labille-Guiard, elle abandonne définitivement le portrait.

La révolution posa pas mal de problèmes à Anne Vallayer-Coster qui resta fidèle à la reine. Après avoir exposé à tous les Salons de 1771 à 1789, elle n'exposa aucun tableau entre 1790 et 1795. Bien qu'elle n'a jamais émigré, elle passa au moins une partie de ses années tumultueuses à Villemomble non loin de Paris. Elle expose de nouveau de façon sporadique entre 1795 et 1817.

Anne Vallayer-Coste meurt à Paris, le 27 février 1818

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Les attributs des arts
1769
Huile sur toile - 121 x 90
Musée du Louvre, Paris

Panaches de mer, lithophytes et coquilles
1769
Huile sur toile - 97 cm x 130 cm
Musée du Louvre, Paris

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Images Analyses : Les attributs des arts par Christophe Genin