Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun

Autoportrait
1781

 

Louise-Elisabeth naît à Paris le 16 avril 1755 de Louis Vigée, portraitiste et professeur à l'Académie de Saint-Luc, et de Jeanne Maissin, coiffeuse. A l'âge de six ans ses parents l'envoient au couvent, elle y reste jusqu'à onze ans. Dès son jeune âge, elle aime dessiner et à la grande exaspération des religieuses, elle griffonne des têtes et des paysages dans tous ses cahiers et sur les murs du dortoir.

En 1767, à la mort de son père qu'elle adorait, Elisabeth n'a que douze ans. Les premiers temps elle est trop démoralisée pour reprendre les pinceaux, mais Doyeu, un ami de son père, l'encourage à recommencer à dessiner et peindre. A cette époque elle va régulièrement dessiner chez Gabriel Briard mais le talent d'Elisabeth dépasse de loin celui de Briard qui se vante d'être son maître. Elle reçoit également de précieux conseils de Joseph Vernet. Ses portraits ont tellement de succès qu'à quinze ans elle est déjà en mesure d'entretenir sa mère et son petit frère.

En 1774, les officiers du Châtelet saisissent son atelier sous prétexte qu'elle pratique son art sans licence. Elle postule immédiatement pour l'Académie de Saint-Luc, où elle est reçue officiellement le 25 octobre

A vingt ans elle déménage avec sa famille dans un hôtel particulier qui appartient à Jean-Baptiste Pierre Lebrun, peintre, collectionneur et marchand d'art.

Lorsque, six mois plus tard, l'homme demande sa main, Elisabeth, qui gagne déjà suffisamment d'argent pour ne pas s'inquiéter de son avenir, n'y voit aucun intérêt. Elle hésite jusqu'au dernier moment, à l'église. Mais suite à l'insistance de sa mère, qui le croit fortuné, et pour fuir son beau-père, elle finit par accepter. Ils se marient le 11 Janvier 1776. Le mariage se fait en secret car en fait Lebrun est déjà marié avec une hollandaise, fille d'une relation d'affaires. Ne sachant pas qu'ils sont déjà mariés, toutes ses connaissances et amies, lui déconseillent vivement de l'épouser. En effet, comme elle l'écrit elle-même : « ... il était assez aimable; mais sa passion effrénée pour les femmes de mauvaises mœurs, jointe à la passion du jeu, ont causé la ruine de sa fortune et la mienne ». Son mariage lui permet cependant d'étudier et de copier les oeuvres de maîtres collectionnées par son mari. Elle reçoit aussi les précieux conseils de Jean-Baptiste Greuze et de Joseph Vernet.

Introduite à la cour par Louise-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, l'épouse du duc de Chartres, elle est accueillie avec faveur en 1778 avec son portrait d'après nature de la reine Marie-Antoinette en robe de satin avec une rose à la main. Ce tableau lui vaut de devenir le portraitiste officiel et l'amie de la reine. Toute la haute société se complaît aussi bien à la fréquenter qu'à se faire peindre par elle.

Julie, son seul enfant, naît le 12 février 1780.

En mai-juin 1781, Élisabeth accompagne son mari dans une tournée des Flandres et des Pays-Bas. Elle y approfondit sa connaissance des maîtres flamands. Pendant ce voyage elle peint son "Autoportrait au chapeau de paille", un hommage direct à Rubens.

Vigée-Lebrun est reçue à l'Académie Royale de Peinture le 30 mai 1783 avec une allégorie, "La Paix ramenant l'Abondance". Les mauvaises langues prétendent que c'est uniquement grâce à l'appui de Marie Antoinette, mais dans ses mémoires Elisabeth nie que Marie Antoinette ait fait autre chose que louer son travail. La même année, elle envoie plusieurs portraits et tableaux au Salon où elle exposera régulièrement.

Dès 1783 Élisabeth est la cible d'attaques calomnieuses : elle serait la maîtresse du Ministre des Finances Calonne, dont elle réalise le portrait en 1785, du Comte de Vaudreuil, et du peintre François Guillaume Ménageot, dont on dit qu'il serait le véritable auteur des tableaux de Vigée-Lebrun. En 1789 est publiée une fausse correspondance entre Calonne et Elisabeth. On exagère fortement ses dépenses et le prix qu'elle demande pour ses portraits. D'ailleurs, la plupart du temps, l'argent disparaît dans la poche de son époux. L'Hôtel Lebrun est l'objet d'attaques de la part de bandes de voyous.
Élisabeth se réfugie chez son ami l'architecte Brongniart aux Invalides, puis chez la famille Rivière, rue de la Chaussée-d'Antin. En Octobre 1789, après l'invasion de Versailles par les foules révolutionnaires, elle fuit en l'Italie, accompagnée de sa fille et d'une gouvernante. De peur d'être reconnue et arrêtée elle n'utilise pas sa propre voiture mais part en diligence publique. Son intention était de revenir à Paris dès l'ordre rétabli, mais son exil durera en fait douze ans.

En 1792 Vigée-Lebrun quitte Milan pour Vienne où elle restera deux ans. Elle peint principalement des portraits de nobles autrichiens et polonais. Puis elle reprend la route pour Prague, Dresde, Berlin et finalement pour Saint-Pétersbourg.

A Paris son nom est ajouté à la liste des émigrés et elle perd ses droits de citoyenneté. En 1793, le mari d'Elisabeth publie une longue plaidoirie en faveur de son épouse et fait appel pour sa réintégration. Son appel est rejeté et il sera même incarcéré plusieurs mois. Louis XVI et Marie-Antoinette sont guillotinés en 1793. En 1794 Lebrun, pour se protéger, demande le divorce, qui est prononcé.

À Saint-Pétersbourg, où elle reste six ans, Elisabeth est fort appréciée par la famille Impériale et amasse une fortune considérable. En 1798, elle envoie de Saint-Petersbourg deux tableaux pour le Salon de Paris. En 1799 à une session du Directoire, une délégation de huit artistes présente une pétition signée par 255 artistes, écrivains et savants, et en juin 1800 son nom est rayé de la liste des émigrés.

En 1801 sa fille Julie épouse, contre la volonté de sa mère, Gaëtan Bernard Nigris, secrétaire des Théâtres Impériaux de Saint-Pétersbourg, et dépitée, Élisabeth part pour Moscou. Elle retourne en France où elle habite l'Hôtel Lebrun malgré le divorce. En 1809 elle achète une maison à Louveciennes près de Paris et s'installe définitivement en France. Elle meurt en 1842 dans son appartement parisien, rue St Lazare, affaiblie depuis un an par une attaque cérébrale.

 

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Son autobiographie :

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Louis Jean Baptiste Etienne Vigée
probablement 1769 - huile sur toile 61 x 48 cm
St. Louis Art Museum
La vertu irrésolue
1774 - 1775 - Huile sur toile 48.3 x 39,4 cm
Non signé
La paix ramenant l'abondance
1780 - huile sur toile 133 x 103 cm
Le Louvre
Autoportrait au chapeau de paille
1782 - huile sur toile 89 x 70 cm
National Gallery - Londres
Marie Antoinette
1783 - Huile sur toile 113 x 87 cm
Musée national du château et des Trianons - Versailles
Lady Hamilton en bacchante
1785 - huile sur toile 74 x 60 cm
Clark Institute - Williamstown Massachusetts
Autoportrait avec sa fille
1786 - Huile sur bois 105 x 84 cm
Musée du Louvre
Marie Antoinette et ses enfants
1787 - Huile sur toile 275 x. 215 cm
Musée national du château et des Trianons - Versailles
Hubert Robert
1788 - huile sur bois 105 x 85 cm
Musée du Louvre - Paris
Marie Louise Amélie de Bourbon
1790
Museo et Gallerie Nazionali di Capodimonte - Naples
Autoportrait avec sa fille
1789 - Huile sur bois 130 x 94 cm
Musée du Louvre
Le Prince Henry Lubomirski
1789
Gemaldegalerie -Berlin
Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Duchesse d'Orléans
1789
Musée des beaux-arts de Marseille
Marie-Christine de Bourbon
1790
Museo et Gallerie Nazionali di Capodimonte - Naples
Isabella Teotochi Albrizzi
1792 - huile sur papier
Toledo Museum of Art - Ohio (Etats-Unis)
La Comtesse Theresa Kinski
1793 - huile sur toile 56 x 86 cm
Stanislas Auguste II, roi de Pologne
1797
Musee National du Chateau de Versailles et de Trianon
La comtesse Golowin
1800-1801
University of Birmingham - Royaume Uni
Louise Augusta Reine de Prusse
1801
Chateau de Charlottenburg
Madame de Stael comme Corinne
1808
Musee d'Art et d'Histoire - Genève

 

 

Lien :

Dossier pédagogique du Grand Palais : Élisabeth Vigée le Brun